09 février 2011

Le Goût transmis

En avant première voici la couverture et l'avant-propos de l'ouvrage sur la transmission dans plusieurs familles de la gastronomie française sucrée et salée ainsi que dans quelques autres métiers de bouche à paraître au mois d'avril prochain aux éditions du Rouergue.

Par ordre alphabétique : Badoz fromager à Pontarlier, Barral viticulteur à Cabrerolles, Bernachon pâtissier-chocolatier à Lyon, Bras restaurateur à Laguiole, Duyck brasseur à Jenlain, Fagegaltier restaurateur à Belcastel, Ferber pâtissier-chocolatier à Niedermorschwihr, Haeberlin restaurateur à Illaeusern, Hirsinger pâtissier-chocolatier à Arbois, Marcon restaurateur à Saint-Bonnet-le-Froid, Sibilia charcutier à Lyon.

Avant-propos

La Bourgogne du sud, Messey-sur-Grosne, un château en briques du XIIIe, une famille : les Drillien. Les parents, Pierre-Philippe et Françoise, sont le fruit de mariages de lignées locales de laboureurs, de vignerons et de notaires royaux ! Nous sommes dans la seconde moitié du XIXe siècle. Il est prévu, comme le veut la tradition, que l'aîné des fils reprenne le domaine pour en exploiter les terres et que le cadet entre dans les ordres ou à l'armée. L'aîné ne veut pas du domaine, le cadet meurt jeune, le troisième, devenu cadet à son tour entre au séminaire.

Là s'arrête toute ressemblance avec une saga de famille. Pierre-Henri, le cadet donc, n'est point fait pour les vœux. Son intérêt pour Claudine Lagrange, la fille du fermier dont il partage les jeux depuis l'enfance, n'est point chaste. Ils "fautent" comme on disait alors. La première fille d'un cortège de treize enfants est en route. Les foudres familiales s'abattent sur eux. Le garçon doit abandonner ses études, il est sommé de réparer. Les jeunes gens ne se démontent pas et s'attellent à un deuxième héritier. Un mariage met fin au scandale le 9 janvier 1872.

Las, un mariage n'est pas une situation. Le couple doit quitter Messey pour s'établir. A dix kilomètres de là, à Saint-Gengoux-le-National, l'Hôtel du lion d'or est à céder. Voilà qui fera l'affaire. Petits espaces, sol de terre battue, écuries pour les chevaux, chambres et commodités sommaires, souliers pour les maîtres, sabots pour les servantes, les commis et les enfants. La vie est âpre mais Claudine est une maîtresse femme, contemporaine et collègue, à cette époque, de ses semblables chez Fagegaltier, Ferber, Haeberlin ou Hirsinger. Pierre-Henri, mon arrière-grand-père, ne sait rien faire de ses dix doigts. Par contre il est capable de réciter des vers en latin, de priser du tabac et de soutenir une conversation avec n'importe qui sur n'importe quel sujet ! Sa participation à la cuisine se borne à tirer un oignon du gousset de son gilet pour consulter l'heure ! Mon arrière-grand-mère, Claudine, comme toutes les jeunes femmes de son temps, sait tout faire ! Petit signe du destin : l'affluent de la Grosne qui borde la ferme natale de Claudine et alimente les douves du château s'appelle : la Goutteuse ! Son beau parleur de mari, lui fait des enfants et cause au monde qui fréquente l'auberge tandis qu'elle dirige fermement toute cette maisonnée.

C'est en pensant à la vie de labeur et d'abnégation de Mémée Claudine que j'ai eu l'idée de lui rendre un hommage à travers les histoires de quelques unes des grandes familles des métiers de bouche que compte notre pays. Toutes ont en commun des origines modestes, des goûts simples, une grande générosité et la caractéristique commune d'avoir été et d'être encore animées par des femmes. Ce n'est pas par hasard que la réplique, générations après générations, de ces qualités, alliées à un travail de tous les instants, leur permettent aujourd'hui d'exprimer à travers leurs savoir-faire et leurs savoir-être, la quintessence de valeurs quasi génétiques. Et si leurs oeuvres quoique éphémères, surprennent, ravissent et enchantent nos palais, la seule magie est celle de gestes mille fois répétés dans l'excellence, la rigueur, l'imagination et la créativité.

Vincent Tasso

 

 

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07 janvier 2007

Clin d'oeil à Bénabar

Il est rare qu'un chanteur s'intéresse à la photographie. La chanson de Bénabar "Les épices du souk du Caire" est la bienvenue.

Pour paraître plus créatifs certains "artistes contemporains" qui ne sont pas vraiment des photographes ne rendent pas service à la photographie mais l'utilisent sans vergogne. D'autres encore pensent faire passer l'âme des sujets photographiés dans des poses stéréotypées ou sinistres ou douloureuses qui ont toutes le point commun d'être plates et volontairement destructurées voire morbides : ils ne font paraître que leurs propres angoisses dans lesquelles les sujets n'ont rien à voir. La photographie n'est pas un art, elle ne crée rien et il est stupide de chercher à montrer autre chose que ce qui est sans fard, sans attitude, sans artifice. Du coup les "photographes du dimanche" deviennent plus humains.

La photographie est un moyen instantané de transmettre l'observation aigüe du monde et de l'humanité. Elle doit faire rire, pleurer, réfléchir, sourire, provoquer le spleen ou la nostalgie, attendrir, et faire ressentir tous autres sentiments ou émotions du moment que le sujet soit "vrai" et non pas fabriqué ou instrumentalisé. Le premier faussaire fût malheureusement Robert Doisneau qui avait toutes les sensibilités du vrai photographe mais qui n'a pu s'empêcher d'embaucher des comédiens pour le fameux "Baiser de l'hôtel de ville"... Beau succès commercial mais éminente tromperie. Dommage !

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24 novembre 2006

Profession de foi

"Les choses que nos contemporains semblent juger importantes déterminent l'exact périmètre de l'insignifiance : les actualités, les prix, les cours en Bourse, les modes, le bruit de la fureur, les vanités individuelles. Je ne veux savoir des êtres que je rencontre ni l'âge, ni le métier, ni la situation familiale : j'ose prétendre que tout cela m'est clair à la seule manière dont ils ont ôté leur manteau. Ce que je veux savoir, c'est de quelle façon ils ont survécu au désespoir d'être séparé de l'Un par leur naissance, de quelle façon ils comblent le vide entre les grands rendez-vous de l'enfance, de la vieillesse et de la mort, et comment ils supportent de n'être pas tout sur cette terre. Je ne veux pas les entendre parler de cette part convenue de la réalité, toujours la même, le petit monde interlope et maffieux : ce qu'une époque fait miroiter du ciel dans la flaque graisseuse de ses conventions ! Je veux savoir ce qu'ils perçoivent de l'immensité qui bruit autour d'eux. Et j'ai souvent peur du refus féroce qui règne aujourd'hui, à sortir du périmètre assigné, à honorer l'immensité du monde créé. Mais ce dont j'ai le plus peur encore, c'est de ne pas assez aimer, de ne pas assez contaminer de ma passion de vivre ceux que je rencontre."

Cet extrait d'un ouvrage de Christiane Singer, Les Sept Nuits de la reine", résume, pour moi, tout ce qui devrait animer un "vrai" photographe

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23 novembre 2006

Présentation de l'auteur

 

Photographe passionné je vis en Bourgogne région de mes ancêtres maternels depuis quelques siècles ! Je n'appartiens à aucune école, je ne revendique aucun style, je suis totalement éclectique. Je photographie selon mes ressentis, mes goûts, le moment, la couleur du monde, l'odeur de l'air...

Christian Bobin, l'auteur bourguignon lu dans le monde entier, s'exprime en ces termes :

Cher Vincent Tasso,

Merci pour votre travail - comment le qualifier : de chercheur d'or ? Vos images sont en quête des miracles de la vie simple. Si elles n'y parviennent pas toujours c'est peut-être à cause de leur trop vif éclat : quelque chose alors s'éloigne qui ne supportait pas le bruit. (Mais c'est beau de voir quelqu'un passer son temps à guetter l'éternel).

De la part de celui qui écrit de l'immense photographe Edouard Boubat : A l'instant de "prendre" la photo, Boubat s'efface et c'est l'ange qui appuie   je ne puis qu'être éperdu de reconnaissance pour regard qu'il porte sur mon travail.

(Bobin-Boubat, Donne-moi quelquechose qui ne meure pas, éditions Gallimard)

 

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22 novembre 2006

Christiane Singer et Vincent Tasso

Christiane Singer est l'auteur de magnifiques essais publiés chez Albin Michel parmis lesquels : "Eloge du mariage de l'engagement et autres folies", "Les sept nuits de la reine", "Seul ce qui brûle". Elle vivait en Autriche, dans une forteresse dont le nom est celui d'un autre de ses livres : "Rastenberg". Elle est décédée le 4 avril 2007.

Pour "mes" ciels Christiane Singer a écrit :

"L'idée est très forte et vos ciels bousculent".

A propos de "Deux mille ans d'humanité" Christiane Singer a écrit :

"Je viens de passer un moment merveilleux en votre compagnie. Je résonne profondément avec votre travail, votre regard intense sur ce monde. "Deux mille ans d'humanité" touche l'essentiel et ouvre la conscience"

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Une collaboration avec Timothy Radcliffe op

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En 2001 j'ai réalisé un petit ouvrage illustré consacré aux droits de l'homme avec l'aide de Timothy Radcliffe op qui fût le Maître de l'ordre des frères prêcheurs, autrement dit les Dominicains durant 9 ans (de 1992 à 2001). Frère Timothy est l'auteur de nombreux ouvrages dont "Je vous appelle amis".

Cet opuscule intitulé mêle des extraits de la déclaration universelle des droits de l'homme, de la passion du Christ, des citations tirées de l'oeuvre de Timothy Radcliffe à des photographies de "croix des chemins".

En voici la préface rédigée par Timothy Radcliffe :

"L'une des premières représentations existante de la croix se trouve sur les portes du couvent où j'ai vécu, en la basilique de Sainte Sabine à Rome. L'image d'un être humain cloué sur ces poutres de bois dans une lente agonie est épouvantable. proclamer Dieu cette personne est un scandale. Peut-être est-ce pour cela qu'il aura fallu quatre cents ans pour oser figurer cette mort. Partout dans le monde des êtres humains continuent d'en crucifier d'autres. Nous fabriquons des croix, avec la guerre, avec la pauvreté, et nous nous y clouons les uns les autres. Mais l'image de la croix est le signe de notre espoir, l'espoir que ces souffrances absurdes n'auront pas le dernier mot. La haine sera conquise par l'amour.

Au commencement de la foi chrétienne on trouve l'association des mots et des images dans un effort, une lutte pour donner un sens à la croix. Les évangiles sont des paroles aux prises avec cette image, pour la représenter comme un moment de gloire et non de défaite. Dans ce livre merveilleux aussi, nous trouvons associés les mots et les images, la beauté y triomphe de l'horreur. Je suis profondément reconnaissant à Vincent Tasso de ce travail, et suis fier d'y avoir pris part."

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Cet ouvrage est disponible à mon atelier et sur Amazon.

Timothy Radcliffe a également écrit :

Que Dieu bénisse votre art qui est bel et bien votre prédication de l'Evangile

Le cardinal Paul Poupard, ministre de la culture du Vatican, a lui-même écrit :

Vous m'avez fait parvenir votre belle plaquette "Deux mille ans d'humanité" où vous témoignez, à travers le langage de la beauté, de la profondeur du message de la Croix. Je vous en remercie sincèrement, et vous encourage à continuer sur cette voie pour la défense de l'homme, de sa dignité et de ses droits.

Le don et le service de l'artiste est de nous conduire au seuil de la beauté qui rappelle à chaque être pour quel univers et pour quel monde il est fait. Le paradoxe d'une oeuvre d'art : c'est qu'on peut passer à côté sans rien y voir, sans rien y comprendre. Vincent Tasso aime ses racines qui font de lui un arrière petit cousin de Marguerite-Marie-Alacoque ; je voudrais lui dire qu'il peut remonter encore plus loin, jusqu'à celui qui a aussi choisi une question pour son exposition : "Comment croirez-vous quand je vous dirai les choses du ciel ?"

 

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Une collaboration avec Jacques Salomé

Jacques Salomé, psycho-sociologue de renommée internationale, est spécialisé dans les théories de la communication. Il s'est beaucoup intéressé aux relations interpersonnelles dans le couple. C'est également un poète sensible. J'ai illustré pour lui un ouvrage de réflexions sur le thème du rêve publié aux éditions Albin Michel dont voici la couverture.

Paroles

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Les ciels de "Paroles de rêves"

 

Une centaine de photographies de ciels illustrent l'ouvrage "Les Paroles de Rêves de Jacques Salomé".

"Les nuages sont un casse-tête dangereusement simple : si l'on prend la photographie d'un nuage floconneux, et que l'on agrandit une partie de ce cliché, on s'aperçoit que le bord irrégulier d'un nuage ressemble lui-même à un nuage. Et ce, à l'infini : tout détail d'un nuage ressemble à sa structure générale. Ainsi chaque nuage peut-il être considéré comme infini, parce que chaque anfractuosité de sa surface, considérée à une échelle plus grande, recèle d'autres anfractuosités, qui elles-mêmes... Certains hommes aiment à se pencher sur de tels gouffres ; les plus fragiles de ces hommes y tombent en tournoyants, dans la nuit éternelle du vertige." ("La théorie des nuages", Stéphane Audeguy).

 

Cliquer sur les images pour les agrandir

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